Orpheo 2.0

Je vous présente tous mes vœux pour cette année 2012.
À ceux qui ont vécu une année difficile, je vous souhaite d’entrer dans une nouvelle ère.
À ceux qui ont été gâtés par 2011, que 2012 continue sur cette voie.
Que tous vos projets se réalisent. Faîtes de vos rêves une réalité.

Concernant votre site favori, je parle de l’Orpheo Mundi, il fête aujourd’hui ses deux ans. Je ne prends pas en compte la période de gestation du temps où il était hébergé sur wordpress.com. Je remercie ceux qui suivent ces fadaises et fariboles depuis le début et souhaite la bienvenue aux nouveaux arrivants. Deux ans, c’est l’âge où il est temps d’arrêter de marcher à quatre pattes pour se mettre debout. C’est cette année que s’élèvera le réseau Orpheo Mundi et non plus le site individuel.

La saint famille (Anton raphael Mengs)
La saint famille (Anton raphael Mengs)

Nous avons eu nos premières assemblées générales entre absinthe et kinder surprise. Il y a eu des désaccords, des mises au point, des concessions. Je me dis parfois que c’était plus simple lorsque je décidais seul, mais je ne regrette pas d’avoir ouvert le cercle décisionnaire à quatre autres administrateurs sans compter celles et ceux sans qui la magie n’opérerait pas de la même manière. Cela crée une véritable émulation artistique. Peintre, photographe, écrivains, musiciens, chanteuse lyrique, que puis-je demander de plus ?Vous connaissez mon affection profonde pour la notion de syncrétisme : nous y sommes. Certains projets ont déjà été mis en place, et j’ai hâte que vous puissiez en profiter. Mais chaque chose en son temps.

Vous avez sans doute remarqué que j’ai peu publié les 6 derniers mois de 2011. L’année a été bien remplie entre un travail un peu lobotomisant, une dépression et beaucoup de remises en question. Bref, une année classique que nous sommes beaucoup à vivre. Le remède à tout ceci : l’altérité et les arts. Mots contre maux. Si je devais prendre une résolution hypocrite de début d’année, ce serait d’écrire plus. Je parle d’hypocrisie car ces résolutions ne sont pas  faites pour être tenues. Elles me rappellent ces mots entendus dans l’excellent film « Le souper » : Foucher, interprété par Claude Brasseur, dit à Talleyrand « On n’a qu’une parole, c’est pourquoi il faut savoir la reprendre ».  Écrire n’est pas une résolution, c’est une passion. Publier n’est pas une résolution, c’est le plaisir de partager avec vous.  Je me souviens de mon véritable credo, non pas celui du Révérend que j’avais publié tantôt,  mais le credo  de celui dont vous saurez retrouver sans peine le véritable nom  (j’aime parler de moi à la troisième personne) : « je préfère agir avec sincérité et légèreté qu’avec obscénité et gravité ». Je l’avais oublié.  Je me rappelle pourquoi j’aime autant prendre ma plume. Je ne la lâcherai plus. Mis à part ces menus tracas, je passe beaucoup de temps à l’édification du réseau. Depuis le temps que j’en parle, cela peut sembler être une arlésienne ; c’est pourtant une réalité qui se dévoile petit à petit. J’ai montré des copies d’écran de deux des sites que j’ai réalisé à mes contacts Facebook. Je lève un pan du voile pour vous chers visiteurs réguliers et irréguliers non-adeptes des réseaux sociaux.

Le premier concerne le site d’Hervé Sérane, photographe lumineux dont j’ai parlé au Café des Liches.

Première images du site de Hervé Sérane

Au début, j’avais choisi des thèmes sophistiqués pour son site, avec des effets qui font « wahou ! ». Finalement, je suis reparti sur l’ambiance de son ancien site, éclaircissant un peu le style en me servant de ses couleurs sacrés. Un fond entièrement noir par rapport à ces teintes si particulières donnait un côté un peu trop étouffant si ce n’est anxiogène. La sobriété portait mieux ses œuvres qu’une extrême sophistication. J’ai commencé un dimanche matin d’insomnie à 6h et j’ai terminé vers 14h. Tremblant comme un enfant apportant son dessin à ses parents gênés d’accepter un si horrible cadeau, je lui ai envoyé le lien vers son site. J’ai été soulagé et fier qu’il apprécie cette réalisation.

Dans l’édification du réseau, je parlais de concessions. Afin de différencier mon ego du reste du réseau, il convient que pour mon site personnel, j’abandonne la charte graphique de l’Orpheo Mundi actuelle pour qu’elle soit dédiée au site-mère ; celui-ci sera la partie centralisatrice. Entre nous, nous l’appelons « La Nef ».  Il faut donc que je me trouve un nouveau plumage convenant à mon ramage. Voici le résultat :

Première image du Rêve-Errance

Je ne cache pas une légère frustration : n’ayant pas encore toutes les compétences techniques nécessaires, je ne peux pour l’instant faire le thème parfait sorti de mon esprit souffreteux. Ce n’est que partie remise. En attendant, je m’amuse beaucoup en prenant des cours sur internet. Oui, vraiment, cela me plaît et m’amuse.

Je dois reconnaître que je prends actuellement et étrangement plus de plaisir à consulter des sites informatiques que des sites sur l’art. C’est au point que je pensais ouvrir une catégorie d’articles dédiés à l’informatique et à l’esthétique. J’y aurais présenté des logiciels comme John’s background Switcher qui permettent de placer un peu de beau dans un domaine pouvant être facilement perçu et être froid et austère. Il y a déjà suffisamment de sites parlant d’informatique et le faisant bien pour en rajouter. Je me suis toutefois interrogé sur cette préférence. Petit retour aux sources : enfant, je rêvais d’être dessinateur de bande-dessinées. Rien ne n’aurait fait plus plaisir que d’illustrer les scénarios d’un Chris Claremont (les fans de comics comprendront) N’ayant aucun talent pour dessiner ou peindre, si ce n’est celui de gâcher du papier, j’ai mis mes ambitions de côté. Pour illustrer mon incapacité à tenir un crayon : un soir, mon cher et tendre et moi nous étions mis en tête de nous dessiner mutuellement. Lui a du talent ; moi non. Je ne peux que louer sa bienveillance à l’égard de ma croûte qui serait normalement un motif de rupture.

L'ampleur de mon talent...

Je ne résiste pas à un désir égotique et égoïste : Si aujourd’hui nous célébrons les deux ans de l’Orpheo Mundi, dans quelques jours nous fêterons nos cinq ans ensemble.  Je loue également sa patience en m’entendant vitupérer des insanités face à mon ordinateur tandis je peinais sur des éléments techniques. Passons. Je me rends compte que j’aime faire des sites parce que cela me permet de m’approcher des arts graphiques, de formaliser une partie de mes souhaits et mes désirs.

Créer un site est selon moi un art. Tout le monde peut le faire mais comme en toute chose, tout le monde n’aura pas la créativité nécessaire. Je rends hommage à tous les professionnels du web qui savent si bien formaliser les désirs de leurs clients. Faire quelque chose de beau ne signifie pas forcément faire quelque chose de fonctionnel. Il est nécessaire de trouver un équilibre entre les deux. Je ne peux que m’incliner devant ceux qui savent nous faire voyager tout en permettant de trouver facilement une information. N’importe qui peut prendre un stylo pour écrire ; il y a néanmoins peu de Shakespeare, de Baudelaire ou de Dostoïevski. Cela s’applique pour tout type de création. Il y a des maîtres et des références.

Créer un site est pour moi un art mais ce qui est créé n’est pas une œuvre d’art.  Une œuvre d’art est quelque chose de pérenne dans le temps. Une fois qu’elle est achevée elle n’évolue que dans le regard du spectateur. Elle est l’ennemie du temps même si elle est amenée à subir sa déliquescence. Je vous suggère d’ailleurs l’excellent livre d’Hervé Sérane « Voyage au pays de l’art moderne » qui aborde cette thématique dans sa critique de l’art moderne.  J’en parlerai ultérieurement dans une discussion dédiée au Café des Liches. Un site web évolue en même temps que la technique.  Les possibilités offertes ouvrent des portes.  Il y a également la tentation de rafraichir sa création pour qu’elle s’adapte mieux aux canons esthétiques d’une époque. Le temps internet n’est pas le temps de la postérité. Une information chasse l’autre ; chaque chose semble avoir la durée de vie d’une luciole. Là aussi,  j’aborderai ceci dans un dossier spécifique. Cette valeur temporelle et le changement permanent ne me permettent pas à l’heure actuelle de considérer des sites magnifiques que j’ai vu comme des œuvres d’art. Il ne s’agit donc pas de qualité mais de persistance.

Revenons à votre site favori (je parle toujours de l’Orpheo Mundi) Le temps et la discipline m’ont manqué pour écrire et partager. Je ne parlerais pas de retard car je n’ai pas d’impératifs de temps, si ce n’est votre impatience (notamment une certaine fan de la mythologie grecque pour les nuls qui m’houspille régulièrement tant elle se languit de la suite.) (et oui, je parle de toi Mel). Le seul regret concerne un dossier que je prépare sur la mythologie politique. J’aurais souhaité le publier pendant les débats de l’élection présidentielle, le but n’étant pas de profiter du « buzz », horrible bruit sonnant à mes oreilles comme un glas funeste. Ne pouvant voter, c’était pour moi une façon d’apporter ma contribution à la question publique. D’ici le premier tour, je doute de trouver le temps de le finaliser. Tant pis. Rassurez-vous (ou lamentez-vous), bien que passant mes journées la tête dans les tréfonds techniques du futur réseau, je n’en oublie pas de prendre des notes, d’écrire. Lorsque j’ai publié ma dernière nouvelle, on m’a dit que ça faisait plaisir de me lire de nouveau. Ça me fait plaisir et je le confesse : ne pas accoucher de tous les mots que j’ai en tête me manque horriblement. La raison pour laquelle je ne peux le faire à mon aise actuellement me semble la meilleure : bâtir une cathédrale pour les artistes que j’aime. J’ai prévenu en me débarrassant de toute modestie que 2012 sera l’année de la conquête. En attendant, et pour ne pas rester encore une fois un citoyen démuni face aux questions de la cité, je ne peux que vous inviter à lire ou voir cette pièce dont j’avais parlé, La résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht. Je vous invite surtout à vous soutenir de la conclusion de cette pièce :

« Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt :
Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. »

J’espère ne pas avoir alourdi l’ambiance en ce jour de liesse et de félicité. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de nouveau une heureuse année et à retourner à ma plume et à mon clavier.

 

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