Doux Bye-Bye (bribes 2011)

Errances

J’étais dans le métro, à regarder les gens, à fixer du regard la passagère face à moi et soudain je me surprend à penser à toi ; là, je retrouve sur son visage des traits qui font écho avec ton joli minois.
C’était un drôle de personnage, avec du vernis noir écaillé sur les ongles ; elle souriait, rêvait de je ne sais quoi en jouant avec une pointe de cheveu. C’était une femme, un être qui ne vibre pas du tout comme toi, et pourtant tu étais un peu là.
Et tu me manquais sûrement, inconsciemment, à ce moment là.
Plus tard, dans la rue avec les bras chargés d’eau, je me retrouve frappée par une vive sensation de vide.
Comme un beau moulin sans eau. Comme un rouage qui perd son sens.
C’est tellement bon d’être si proche dans l’intimité, en toute confiance
S’il arrive que la bête humaine reprenne le dessus
Nous représentons un tandem d’exception
dans cette humanité délabrée
en contorsion
déchue
l’amour
sans fioriture
comme une attache solide
que nous utilisons pour nous balancer
comme un jeu d’enfant, grisant et parfois périlleux
est une eau dont on ne saurait plus se passer aujourd’hui pour vivre
Plus tard, j’irai me coucher en pensant à toi, si loin, là bas…
et m’endormirai avec l’idée du bruit réconfortant de l’eau qui coule
comme deux bras autour de moi
Etrange sensation
Comme si j’avais parlé de choses intéressantes
Tout ça pour m’accrocher à l’impalpable
Pour partager avec toi des poignées de sable
Comme si tu avais murmuré, détaillé ta journée, las
Pour me rassurer sur ton existence
Pour cristalliser les éléments lointains

La journée je travaille dur, sensation concrète
Le soir je baigne dans l’impalpable
Comme une ambiance de Limbes
Entre la vie et la mort?
Oui, tout à fait, et pourtant
Je déborde de vie
Quelle beauté
tant de choses à faire
Et pourtant il vaut mieux que je dorme
Maintenant
Mon coeur, lui, veille toute la nuit
Et chante en silence
Pour toi

Décalage horaire

Depuis que tu es parti, je me sens décalée, un peu
Et les levés sont difficiles.
Je ressens ton rythme à distance
Et je reste ainsi près de toi

Je me réveille, concentrée sur toi
Puis la nuit restant silencieuse
Mes pensées se diluent
Et mon estomac se manifeste
Il est temps de poser un pied
Puis l’autre, à terre
Et m’éloigner de notre monde
à tous les deux

Vision, sur le pont de l’Alma

Ce matin, en traversant le pont de l’Alma, j’ai eu cette vision :

Deux édifices
Solides
Avec des poutres en bois
Des pierres et du métal

L’un, baroque à l’origine
chargé d’idéalisme
qui s’effeuillait
Nettoyé par la brise volontaire
Éclairé, épuré, petit à petit
Jusqu’à ne laisser des choses que
L’Essence

L’autre, parti d’un terrain
Bâti lentement
Poutre apres poutre
Pour construire
L’Evidence

Et tous deux
Partis de tout
Partis de rien
En arrivent
Au même point
À la fin

L’esprit humain est complexe

Lorsque l’être cher est loin
On peut ressentir
comme une souplesse temporelle
un élargissement de l’espace vital
comme une liberté retrouvée
un foisonnement d’idées

On se dit alors
Je ne pensais pas pouvoir
m’en passer aussi facilement
être aussi heureuse sans
On peut remettre en question
Le sentiment

Seulement
Lorsque l’on s’y attend le moins
comme un tsunami incontrôlable
Une vague de manque
Envahit toute l’âme
Jusqu’aux tripes
Alors
On comprend
Que l’on aime
Vraiment

Silence, Pots d’échappement et roues mouillées

Offrir des petites pièces
Minutieusement taillées
A un collectionneur
Qui apprécie les belles choses

Celui qui parle d’unilatéralité
a faim
Dans sa pauvreté
Il partage ce qu’il a
Car il connait la misère

Le bonheur est certain
Dans ce calme parisien

Et j’entends le cri

Et j’entends le cri
Dans le bleu du ciel
Plissé par l’ennui
Brûlé par le fiel
L’horizon sans saveur
Entouré de voleurs
D’âmes et d’amers
Espoirs
Et j’entends le cri
D’un amour meilleur
Poussé par l’envie
La volonté du coeur
Les tours envahissantes
Attitude indécente
Barreaux illuminés
De mon bien-aimé
Et j’entends le cri
De notre survie
Dans notre maison de campagne
Mes paupières capricieuses
Tournent le dos à la lumière
Mon souffle est  bercement
Et je m’endors  lentement
Dans notre douce chaumière
Aux peintures malicieuses
Sur les quais, puis au Louvre
Une belle lumière
La mousse joyeuse
Le bruit de l’eau
Je me balade et erre
Heureusedes mots, des gestes
La marche est leste
Je vois un schéma
La liberté de s’évader
Quand l’autre va palabrer
Des Lendemains
La mine pesante sur le papier
Les sentiments tempérés
Le poète n’est plus inspiré
Par ces petites simagrées
La force créatrice est là
Focalisée bien au-delà
Accouchant çà et là
La Passion se trouve là *
De ce beau substrat
Je m’inspire tel un castrat
Je chante avec une belle voix
Et d’attributs ne possède pas
Entre nous un chemin
La muse et le magicien
Créateurs de lendemains
Main dans la main
L’ego appelle à autre chose
L’ego a peur
Toujours et jamais il n’ose
Le calme labeur

***

Mon optimisme
Et mon Amour
A toute épreuve

pbr / Dans sa pauvreté

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