Crépuscule

Quels étaient ces sentiments mouvant les anciens ? Quelles étaient ces naissances décrétées comme nouvelles au-delà d’une aube nouvelle ? Quelles étaient ces dévolutions aux portes d’un ancien monde ?

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La béatitude et la sollicitude héritées des grecs antiques nous ont forgés pour les siècles et les siècles, sacrifiant la vie, l’existence, sur l’autel de la mort. Le christianisme et sa mouche en sont causes.
Peut-on en blâmer, à l’instar de Nietzsche, Platon ? Car telle est la volonté chers amis lecteurs de vous offrir ma vision de l’Orpheo, un jeu de ressemblance, une farandole d’âmes damnées et bénites à la fois ; réconcilier l’irréconciliable, Nietzsche et Platon, d’un certain sens du nihilisme à l’idéalisme le plus pur.

Mais ceci ne saurait supporter un minimum d’historique.

Cet édito est le fruit labiale et carnivore dans cet espace fantastique de fantasmagorie proposé à nous autres pieux et pleutres mangeurs d’écrans LCD à toute heure par notre bonne grâce -j’écris son nom sanctifié par les astres pour la énième fois sur le site- notre bien-aimée Révérend.
Sa majesté, ainsi que les autres piliers de la communauté -une multiplication d’égos des plus heureuses- m’ont fait l’insigne honneur de dévoiler mes pensées les plus intimes les concernant et les convertir en signes intelligibles. Que n’aurais-je dû recevoir de l’un et offert par Loume Astrée de l’autre côté ce Crépuscule des Idoles qui me taraude la cervelle en écrivant ces lignes. Je ne peux décemment me résoudre à appréhender notre famille de cœur sans y trouver un parallèle des plus significatifs avec l’une des œuvres majeures d’un des penseurs m’ayant formalisé et pétri mes propres schémas de pensée et psyché. Alors je vogue à l’âme…

Et je reprends. Peut-on blâmer de la destinée humaine certains esprits hérétiques aux yeux de la nature ou d’un hypothétique thaumaturge ? Ces questions hanteront sans cesse les penseurs et les poseurs d’une philosophie urbaine rémunérée, stérile par définition, totalement détachée de ses instincts bestiaux pour s’être pitoyablement posée sur la psychologie, de surcroît scolaire, crasse et rance de par son essence.

Je me permets alors aujourd’hui de déposer cette pierre ici, en ce lieu loin d’être anodin, et contemple depuis le chaud sein de notre amitié, l’intellect décomposé, ramolli de notre siècle, en particulier l’occidental, pour qui la vaniteuse vacuité n’est plus une définition, ni même une charte, mais un certain « art de réfléchir ». Alors ? Alors il n’y a de sentiment d’abandon, de solennelle aptitude ou fatalisme qui n’a de nom et d’espoir que dans leur dissolution la plus parfaite dans les méandres abyssaux du confort et du bien-être.

Que l’on soit platonicien, que l’on tende donc vers le beau, ou nietzschéen, soit que l’on se presse vers notre futur en tant que fruit de notre passé afin d’appréhender cet éternel retour que Zarathoustra nous psalmodiait presque, on ne peut se résoudre d’accepter si facilement la nullité de notre espèce sans le moindre combat. Et pourtant… Pourtant toutes ces ritournelles, ces antiennes amphigouriques ornant, parsemant nos propres offrandes aux iris des autres ne nous précipitent-elles pas vers cette si détestée nullité ? Ne nous dirigent-elles pas vers le néant, le non-sens que représente notre espèce et, par là-même, sur notre conception de la vie ?

Nous avons beau tirer, déformer de toutes part que rien n’y fait, nous sommes et restons en plein cœur d’apories, hypothèses indéfinissables. Que ne nous restent-ils alors que de nous en retourner à l’ordinaire ? Essayer de tirer la sève bienheureuse d’un quotidien nous servant de réalité ? Je n’y vois pour ma part que de vaines sécrétions alignant les souffrances et les douleurs comme autant de balises parcourant notre (si) court passage sur ce plan.

Mais la leçon de mes compagnons de l’Orpheo Mundi tient en deux points.

La mauvaise foi caractérisant le fors intérieur de votre serviteur, primaire, ne doit jamais devenir un déni de l’environnement de nos organismes , ce serait par trop facile et si peu enivrant ; et ne plus goûter aux vertiges que nous procure la fuite en avant de nos délires cérébraux serait se priver des seuls délices que notre condition de primate ne nous aura jamais accordé.

Alors oui Orpheo Mundi…

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