Thierry Bruet

Je suis tombé amoureux d’un tableau (oui, je sais, encore) Mais vous conviendrez du trouble que celui-ci suscite :

L'hermaphrodite, Thierry Bruet
L’hermaphrodite, Thierry Bruet

Ce tableau se nomme « l’hermaphrodite » et je ne saurais vous dire sur quel site d’art je suis tombé dessus. Je l’ai redécouvert en faisant du tri sur mes disques durs (Je confesse cette fâcheuse tendance à enregistrer tous les tableaux qui me plaisent. Pillage. Mea Culpa) Après quelques recherches sur internet j’ai réussi à retrouver le père de cette étrange créature. J’ai donc pris contact avec thierry Bruet afin de lui demander son accord pour reprendre certains de ces tableaux. Il m’a répondu avec l’élégance et la gentillesse des plus grands, ce qui n’a pas été sans me rappeler mes correspondances avec Patrick Boussignac. Pour un aparté, j’avais loué la générosité de ce dernier dans le sujet lui ayant été dédié; je ne peux que faire de même ici. J’avais au début décidé d’écrire ce qui va suivre sans regarder sa biographie. En visitant son site je n’ai pu m’empêcher de jeter un coup d’œil. Je reste toujours ébahi par cette accessibilité des artistes connus et reconnus (du moins ceux qui m’intéressent) Je comprends le plaisir qu’ont du éprouver les étudiants de la Sorbonne sortant des cours pour discuter directement avec Sartres ou Camus à la terrasse d’un café.

Mais revenons-en un peu à « L’hermaphrodite ». Est-ce ma bisexualité qui fait que je suis autant troublé ? C’est une possibilité que je ne peux écarter. Quoiqu’il en soit, j’ai rarement vu de tableau aussi lumineux pour moi. Ce que je vais dire va surement vous sembler idiot, mais un tableau me marque quand après l’avoir vu quelques secondes, je ferme les yeux et continue à le voir dans les moindres détails. J’ai une très mauvaise mémoire photographique et j’ai beaucoup de mal à visualiser les choses; mais ce tableau me fait l’effet d’une ancre qui me rattache au monde. Alors oui, je le clame, et je l’ai confessé à son père, j’aime cet(te) hermaphrodite, j’en suis profondément amoureux.

Mais rendons également hommage aux autres œuvres de Maître Bruet. Elles me rappellent beaucoup de chose que j’aime. Elles sentent le souffre, et certaines d’entre elles me rappellent les caricatures de certains journaux tandis que le France se déchirait pour établir les règles de la laïcité.

Les prélats, Thierry Bruet
Les prélats, Thierry Bruet

Le clergé était remis à sa place et ses côtés les plus obscurs étaient dévoilés au grand jour avec insolence, ce qui n’est pas pour me déplaire. Quoi donc ? ça vous surprend de la part d’un Révérend ? N’oublions pas non plus la bourgeoisie qui n’était pas épargnée par ces caricaturistes.

Tango d'amour, Thierry Bruet
Tango d’amour, Thierry Bruet

Mais il n’est pas un simple disciple de cette époque. Il est l’un de nos contemporains qui sait regarder aussi bien le passé que le présent.

Podium, Thierry Bruet
Podium, Thierry Bruet
Rap, Thierry Bruet
Rap, Thierry Bruet

Et ce qui me fascine le plus dans ses créations ? Elles me rappellent l’ambiance des cabarets allemands des années 30. Décadence, cruauté, raffinement.

La papesse, Thierry Bruet
La papesse, Thierry Bruet

 

Angel, Thierry Bruet
Angel, Thierry Bruet

Je vais me permettre une dernière digression avant de vous laisser visiter son site et la galerie qui lui est dédié au phalanstère, et bien sur de vous inviter à prendre la parole pour en discuter. À l’heure où j’écris, L’immeuble où je vis à subi un énième dégât des eaux et les canalisations sont bouchés. Du coup dimanche, les toilettes, cabines de douche et lavabos ont rendu tout ce qu’ils devaient évacués. Je vous épargne les détails de tout ce qui a été retrouvé et les odeurs. Depuis hier, l’eau a été coupée et on attend encore la résolution définitive du problème. Bref, c’est la merde dans tous les sens du terme. Toutefois, en composant ce sujet, en faisant la galerie, en suivant le fil de mes idées pour faire quelques recherches sur le cabaret, j’ai pu pendant ce temps oublier totalement ces déboires mineures mais déplaisants. C’est aussi une des vertus de l’art: permettre, rendre possible. Ceci est trivial, mais un grand merci pour vos tableaux Maître Thierry Bruet ainsi qu’à tous les artistes qui embellissent nos vies dans un premier temps et qui font travailler nos cœurs et nos méninges.

Allez, assez de complaintes, je vous invite à présent à visiter sa galerie au sein du phalanstère.

et surtout à visiter son site. Vous y découvrirez toutes ses œuvres, notamment ces sculptures. J’ai pris ici l’axe pictural, mais je vous propose de découvrir ces autres talents.

http://www.thierrybruet.com/ 

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