Avant, après, toujours.

Mes salutations,

Je suis un peu embêté car je ne connais pas encore le contenu de cet éditorial étant un peu troublé par le climat ambiant; je suivrai donc le fil de mes pensées comme elles viennent.

Chaque semaine, je pose laconiquement la question aux autres administrateurs de notre communauté : « qui pour l’édito ? ». Nous en avons discuté samedi dernier en nous retrouvant pour le déménagement de l’un de nous. Je poserai un voile pudique sur les épreuves de cette journée en avouant que si l’art est précieux, n’avoir que des amis artistes n’est pas le plus efficace pour porter meubles, cartons et électroménager. Nous avons discuté du dernier édito écrit par notre Loume Astrée bifronce : nous avons tous compris sa démarche et adhérons à son choix. À présent il est temps que les préoccupations orphiques reprennent leur cours normal. Lors du choix de la plume hebdomadaire, Maître Gzom l’écrivain chafouin sur un frigo perché nous dit qu’il préférait ne pas s’en occuper cette fois-ci, risquant d’être trop clivant. J’ai donc été élu pour cette tâche. J’ai envie d’être clivant mais je préfère l’union. D’ailleurs j’ai déjà écrit ce que j’avais sur le cœur en parlant de la peur, les miennes, les vôtres mais aussi de mes espoirs.

J’ai par contre envie de parler de la France car ce site est en .fr. La France, comme toutes ses sœurs à travers le monde, est une grande dame aux nombreux enfants. Elle a accouché de nombreuses vies et en adopte également. Samedi dernier pour porter les cartons, nous étions là, origines, nationalités et couleur de peau unis dans le même effort : blanc, noir, français, togolais, tunisien, portugais, catholique, musulman, juif, protestant, tous athées, hétérosexuels, bisexuel, des opinions différentes, travaillant de concert. C’est ce qui se passe quotidiennement sans que personne ne s’en étonne. C’est la France, notre France. Les arts viennent du mélange des mots, des couleurs, des sons. L’esthétique est un idéal du mélange et de la variété. Même une photographie en noir et blanc présente des variations.

 

Rêve de printemps, Bouguereau (source: Wikimedia Commons)
Rêve de printemps, Bouguereau (source: Wikimedia Commons)

Notre France, c’est celle qui accueille en son sein Hypnos qui nous présente ses quatre cris, non pas ceux de Munch vendus à un prix hallucinant mais quatre cris musicaux expiatoires et cathartiques. Avec subtilité il nous parle de brutalité ; rappelons-nous de notre animalité pour ne pas sombrer dans la bestialité.

Notre France, c’est celle où ma bien-aimée Vp Loose nous fait découvrir des écrivains étrangers sans notion de frontière. Elle nous fait aussi bien découvrir la bien étrange maison de Danielewski que les losers magnifiques à galurins roses de Jim Dodge.

Notre France, c’est un pays où Loume Astrée nous fait partager un appel pour qu’elle entende les voix de tous ses enfants. Ce même Loume Astrée se mêle aux dadaïstes. Je n’ai guère de considération pour le mouvement Dada, mais j’aime qu’on puisse en discuter, de cela comme de tout.

Notre France, c’est celle où Le Cardinal des Encres et des Âmes maniant aussi bien les mots que la plume crée un nouveau langage.

Notre France, c’est celle où Lady Ka, notre reine orientale enivrante nous apporte le soleil au-delà des nuages qui assombrissent nos âmes.

Notre France, c’est celle abritant des artistes comme Hervé Sérane, Patrick Boussignac ou Thierry Bruet.

Notre France, c’est celle où je peux écrire des insanités masturbatoires cauchemardesques pour expier.

Notre France, c’est le monde que nous créons chacun à notre manière. Elle n’est pas que la mère de certains enfants trop turbulents préférant les bas instincts plutôt que la réunion.

Être parent n’est pas une tâche aisée, si les parents peuvent commettre des erreurs d’éducation, ils ne sauraient être tenus intégralement des errances de leurs enfants. La France est une vieille dame, c’est aussi la responsabilité des enfants de prendre soin de leurs aïeux. Rien ne rend plus heureux une mère que de voir ses enfants s’entendre. Rien ne la rend plus malheureuse que de les voir se déchirer. Rendons notre mère fière de nous même s’il a pu y avoir des tensions avec elle, même si elle s’est parfois trompée, même si on s’est fâché, même si parfois ses choix laissaient à désirer. Personne n’aime faire pleurer sa mère.

 

L'innocence; Bouguereau (Source : Wikimedia Commons)
L’innocence; Bouguereau (Source : Wikimedia Commons)

Je le disais plus tôt, il est temps que l’Orpheo Mundi reprenne son cours normal. Continuons à fonder le monde à notre manière. Cette communauté ne deviendra pas une tribune politique mais reste et restera un lieu dédié à l’art et à la création car c’est notre vision du monde que nous présentons. Ma contribution , ma pierre citoyenne est entre autres ici. Et vous ? Que diriez-vous de nous aider à bâtir un idéal ?

À chaque élection, il y a un avant, un après mais il y aura toujours une constante : le cœur des hommes en quête d’esthétique.

Carpe Diem

Carpe Noctem

 

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